Dimanche 27 janvier 2019, Bold Eagle tentera de remporter un troisième Prix d’Amérique. Au Ménil-Bérard, à six jours de la course, le champion normand peaufine sa préparation.

C’est lui le roi des trotteurs. Lundi 21 janvier au petit matin au Ménil-Bérard (Orne), Bold Eagle, 8 ans, à la tête d’un compte en banque de plus de 4 millions d’euros, a la crinière un peu longue. « Ça lui donne un air de lion », commente son lad, Hugues Monthulé.
Le roi, vous dit-on.

Depuis 5 ans et demi, c’est en tout cas lui qui s’est emparé du trône dans la discipline du trot attelé, vainqueur à deux reprises du Prix d’Amérique, la plus prestigieuse des courses au monde. Mais l’an dernier, le monarque est tombé sur un os nommé Readly Express, un cheval suédois, son demi-frère (ils ont le même père, Ready Cash, lui aussi double-vainqueur de Prix d’Amérique).
Dimanche 27 janvier 2019, les deux frangins ennemis se retrouveront opposés, au départ de la plus belle course du monde, sur l’hippodrome de Paris-Vincennes.

Faire avec la piste gelée

Et bien que le combat soit dans six jours, l’ambiance est des plus sereines au lever du soleil dans l’écurie de Sébastien Guarato, entraîneur de Bold Eagle et de quatre autres partants de la cuvée 2019 du Prix d’Amérique. Il a fait très froid dans la nuit, la piste d’entraînement est dure comme de la pierre, gelée, contrariant les plans de l’équipe : on ne peut pas risquer de faire trotter un champion sur un sol trop dur, c’est dangereux pour ses articulations.
« La météo n’avait pas prévu qu’il ferait si froid », soupire Sébastien Guarato. « Il va falloir attendre que la piste s’assouplisse un peu. » Un tracteur, du sel, un autre tracteur, une herse, et Bold Eagle et ses compagnons de box qui regardent tout ce petit monde s’affairer pour pouvoir leur proposer des conditions d’entraînement dignes de leur statut. C’est que chez Sébastien Guarato, il n’y a que des cracks.

Lâché dans son paddock en attendant le redoux, Bold Eagle s’amuse dans la boue tandis que la piste finit de se damer, et ça n’est qu’en début d’après-midi que les premiers chevaux sortent la fouler. Eridan, puis Carat Williams, Billie de Montfort, Valko Jénilat et enfin, Bold Eagle : tous les cinq participeront à la course.
« Ils ont tous bien travaillé, ça se présente bien pour dimanche », commente Sébastien Guarato, satisfait de la séance. Quant à Bold Eagle, l’homme se dit « plus confiant que l’an dernier ». L’impression qu’il laisse, à l’œil, lorsqu’on l’entend trotter et qu’on le voit passer sur la piste du Ménil-Bérard est celle d’une tonicité et d’une tranquillité assez impressionnantes. Un champion, que l’on serait capable de différencier parmi des milliers de chevaux tant il en impose. Une sorte de grâce naturelle.


405 000 euros pour le vainqueur

Lors de sa dernière course, Bold Eagle a renoué avec la victoire après une petite période de disette, faisant taire celles et ceux qui étaient prêts à l’enterrer. Il devançait alors un certain Readly Express.
Hugues Monthulé, qui passe le plus clair de son temps auprès de Bold Eagle, se montre lui aussi confiant, lorsqu’on lui demande de se prêter au jeu des pronostics pour la course. En tête, il voit son petit protégé. Et juste derrière lui, son tombeur de l’an dernier.
Dimanche 27 janvier à 16h, les deux larrons seront sur la ligne de départ, avec 16 autres concurrents aux dents longues. En vue, une allocation pour le lauréat de 405 000 euros, et surtout le tant convoité trône mondial de la discipline. Si Bold Eagle venait à l’emporter, il rejoindrait Bellino II, Roquépine et Uranie dans le club très fermé des triples vainqueurs de la course. Le seul quadruple vainqueur de l’épreuve restant le géant Ourasi.
Avec sa magnifique crinière de lion, rien ne semble impossible pour le cheval normand, chouchou du public français.

Sources : actu.fr

Photos : © LR / Le Réveil normand